Celle-ci a besoin des mots, de les penser et de les dire, mais ce n'est pas toujours facile. Cette maudite boule de chair a besoin de les transmettre avant de les perdre, et de se perdre elle même. Cette âme les imagine puis les invente, les habille puis les assemble au grés des jours. Elle les range posément dans son esprit broyé par les hautes marches de la vie. Cet esprit d'enfant qui deviendra grand les jette, les tais puis les tue parfois comme tu le sais. Au final, ils lui manquent, elle en a besoin pour que respire sa putain de pensée. Elle les offre [peut-être pas comme il faut], les cherche et les admire par l'autre, les reçoit et les conserve malgré sa fermeté extérieure. Crack maniaque, elle les traque, les cache, les masque, les déguise, en joue et connait leurs secrets. Elle les aime, même quand ils la font pleurer, même ceux perdus dans le silence, elle ne peut les oublier. Avec eux, cette chiffonnière affronte la foule et ses hauts faits et ses dires. Ces sournois s'infiltrent dans ses gestes et l'accompagnent jour comme nuit. Le chiffon qu'est cet esprit, a construit un rêve avec eux, elle construit sa vie par là. On y vit de fruits de vide, d'étoiles et d'interdits. Pour ouvrir les portes de ce vortex au précipice de l'esprit, il suffit de parler sans s'exprimer, ou de gueuler pour se faire entendre. De pleurer les yeux fermés. De hurler les lèvres scellées. Se tapir et ramper. Mais pendant des années, ces rires de Madonnes chantaient dans ces rêves en stock, avec Lucifer et sa queue de pie dans le pianO de nos mères, pendant qu'eux étaient à la guerre, et ils revenaient pour l'heure du goûter, se prélasser et avancer. Un sac sur le dos, remplie d'amour et d'Amour, on ira. . . Leur parole se fait pollution . . . et nous, on ira. Je t'aime tellement.


